Virginie Razzano : "Un superbe souvenir"
Mardi 24 février 2009 à 14h45
La joueuse du Team GDF SUEZ, finaliste de Dubaï, est de retour en France après l'une des plus belles semaines de sa carrière. Fatiguée mais satisfaite, Virginie Razzano revient sur ce parcours qui laisse présager le meilleur pour la suite de la saison.
Vous avez vécu une semaine fabuleuse à Dubaï. Mais c'est après votre victoire contre Zvonareva en quarts de finale (7-6(7), 7-5) que vous avez été le plus expressive. Comment l'expliquez-vous ?
C'était le match le plus dur physiquement et moralement et c'est pour ça que j'ai été si émue à la fin du match je pense. J'ai évacué toute la fatigue d'un match très intense où le niveau de jeu a été très élevé tout au long de la rencontre. Je me suis battue jusqu'au bout pour arracher cette victoire donc c'était une vraie délivrance.
Etait-ce aussi une manière de tirer un trait sur cette élimination dès le premier tour à l'Open GDF SUEZ où vous vouliez pourtant bien faire ?
Tout à fait. A Dubaï et notamment après ce match contre Zvonareva, j'ai pu évacuer toute la déception accumulée la semaine précédente à l'Open GDF SUEZ où j'aurais aimé bien figurer ou, au moins, proposer une belle bagarre face à Anastasia Pavlyuchekova. Malheureusement, ça n'a pas été le cas pour moi, j'ai été très déçue du non match que j'ai fait.
Parlez nous un peu de cette finale face à Venus
Je crois qu'elle est en grande forme. Elle le dit elle-même : elle se sent de mieux en mieux. Je pense qu'elle va faire une très bonne saison. Jouer Venus sur un central comme celui-ci restera un superbe souvenir pour moi. Ce n'était pas un match facile mais il fallait essayer de surpasser, il me manquait sûrement de la fraîcheur pour y parvenir. Mais en aucun cas je ne veux minimiser sa victoire. Elle a très bien joué tout au long de la semaine et a battu sa soeur numéro un mondiale ! J'aurais aimé pouvoir défendre un peu plus mes chances sur le terrain mais ont doit savoir se battre avec ses propres moyens et Venus était meilleure. Cela reste une semaine extraordinaire à mes yeux et je ne retiens que le positif.
Comment vous sentez-vous après cette semaine intense à Dubaï ?
Je suis un peu fatiguée c'est sûr parce que je continue de décompresser après cette superbe semaine. Mais quand on va au bout comme je l'ai fais, on peut se permettre de prendre quelques jours de vacances, enfin « de repos » pour se retaper physiquement et se ressourcer.
N'allez-vous pas sortir la raquette de la semaine ?
Je ne m'entraîne pas cette semaine parce que je suis un peu blessée en bas du dos. C'est donc repos complet et je ne reprendrai que quand il sera rétabli. Ma première priorité c'est donc de me soigner correctement avant de partir aux Etats-Unis.
Vous parlez d'une blessure au dos. Vous aviez déjà été arrêté plus d'un mois et demi l'an dernier pour la même raison. Y a-t-il un lien ?
Oui, depuis, je suis obligée de gérer mon calendrier et de jouer un peu moins de tournoi dans l'année pour moins le solliciter. Ce n'est pas très grave mais à chaque fois c'est inflammatoire et cela provoque des contractures donc je dois faire gaffe. C'est tout à fait logique avec cette semaine intensive et tous ces matchs très difficiles où je n'ai pas épargné mon corps qui est venu compenser la fatigue en fin de semaine.
« Les Françaises se débrouillent bien ! »
Il faut dire qu'avec le double, vous avez joué sept matchs dans la semaine
Oui, nous ne sommes pas des machines. Moi qui ai une faiblesse à ce niveau là, je ne suis pas étonnée que mon dos ait un peu lâché en fin de tournoi. Ce n'est pas grave. J'espère juste me rétablir très vite.
Vous avez disputé cinq tournois en deux mois en 2009. Le bilan : une demi-finale à Hobart et une finale. Cela vous pousse-t-il à être plus ambitieuse pour la suite de la saison ?
Je ne me projette pas trop dans le futur. Je vais déjà essayer de bien récupérer et de bien me préparer, car c'est essentiel aussi. Je ne vais pas me précipiter. Pour l'instant, la seule priorité est de me soigner.
Pensez-vous que votre saison 2008 ne vous a pas réussi parce que justement, vous n'avez pas assez écouté votre corps ?
La clé, pour moi, c'est de mieux gérer mon calendrier. C'est ce qui m'avait permis de faire une belle saison il y a deux ans. L'an dernier, j'ai joué trop de tournois, pas assez pris en compte mes temps de repos et mes temps d'entraînements avant les tournois pour arriver en compétition en ayant l'envie et la hargne de gagner des matchs. Si je n'ai pas ça, je ne peux pas m'exprimer à 100%. Cette année, je ne ferai pas la même erreur. Je vais gérer tout ça. Je sais très bien que ça marchera pas à chaque fois, que je ne serais pas finaliste sur tous les tournois mais je vais essayer de faire plus de haut que de bas.
Votre finale à Dubaï vous a permis de faire un bond au classement WTA où vous passez de la 58e à la 41e place. Est-ce une grosse satisfaction sur ce point là ?
Je ne regarde pas trop à vrai dire ! Je préfère gérer au mieux ma carrière avec des résultats. Je ne veux pas me mettre de pression sur le classement, surtout qu'aujourd'hui, je trouve qu'il ne veut plus dire grand-chose. Il y a encore deux ou trois ans des filles comme Davenport se hissaient sans problème en demi-finale sur tous les tournois mais ce n'est plus le cas : je sais que tout le monde bat tout le monde donc je n'y fais pas trop attention. Je sais qu'il va encore descendre, monter... Le plus important, c'est de savoir où je vais et dans quelle direction j'ai envie d'aller pour la suite des évènements.
En parlant de la suite, comment envisagez-vous les prochaines semaines ?
Logiquement, je vais jouer Indian Wells et Miami , Ponte Vedra qui remplace Amelie Island et Charleston. Si tout va bien, j'aurai donc sept semaines de tournée américaine.
Vous avez été demi-finaliste à Hobart et finaliste à Dubaï, Marion Bartoli quart de finaliste à Melbourne et Amélie Mauresmo lauréate la semaine précédente à l'Open GDF SUEZ
est-ce qu'après avoir beaucoup parlé des Français la saison dernière, on peut affirmer que les Françaises sont de retour ?
C'est vrai que le tennis masculin français a avancé très vite et en ce début de saison, les Françaises, se débrouillent très bien finalement ! Cela s'est bien goupillé pour nous en ce début de saison. Et je suis vraiment ravie pour nous toutes. J'espère que cela va continuer parce que cela nous pousse toutes vers le haut. Nous sommes un peu comme une équipe et j'espère qu'on va même faire encore mieux.